samedi 9 août 2014

Faites vos jeux.



Les choses avaient été convenues à l'avance, elle ne savait pas quand la rencontre aurait lieu exactement, ni l'endroit choisi. Elle devait se tenir prête en permanence et cela la rendait folle. Elle était aux aguets, il n'était pas question de louper le sms qui signifierait le début du jeu. Elle connaissait uniquement les règles, elle recevrait des textos, une indication d'orientation sous forme d'énigme qui la mènerait  au lieu de rendez-vous et une consigne qu'elle devrait exécuter  afin de recevoir le message suivant.

Dimanche 17h03 : " Top chrono, c'est parti ! Ne t'y trompe pas, malgré le magnifique ciel bleu, telle " Barbara "  tu t'approcheras un peu plus de moi. Tu as une heure pour te rendre à l'arrêt de tram qui porte le nom du lieu de rencontre du poème de Jacques Prévert. Lorsque tu seras sur place, signifie le moi,  je t'enverrai la première consigne "

A la lecture de ce premier message son cœur s'emballa instantanément, elle enfila ses escarpins, retoucha rapidement sa coiffure et maquillage, et partit en direction du tram.
Sur le chemin elle essaya de se remémorer les poèmes de Prévert,  " le cancre " il est histoire de tableau de craies mais pas de rencontre ou de Barbara.
Quand ils ont parlé du jeu il lui avait donné la permission d'utiliser internet pour résoudre une seule énigme, mais elle devait lui avouer en arrivant et serait punie pour cela. Dans son empressement elle hésita un instant a utiliser son joker, mais se rappela que ce n'était que la première énigme, et que celles d'après seraient surement plus corsées.
Elle relu l'énigme, et resta figé un instant sur la phrase " ne t'y trompe pas malgré le ciel bleu ", puis elle eut cette étincelle qu'on les enfants lorsqu'ils ont un déclic de compréhension. Elle savait où se rendre. Elle affichait un sourire fier lorsqu'elle grimpa dans le tram qui ne se fit pas attendre trop longtemps.
Elle préféra rester debout et regarder le paysage défilé, ignorant complètement l'existence des autres passagers. Elle était saisie par le jeu, hors du temps.

Arrivée à destination, elle envoya un message pour prévenir. Il répondit " Tu auras ta consigne à 18h03 et 5 minutes pour la réaliser "
Elle regarda l'affichage du tram pour y voir l'heure, 17h47, elle ragea intérieurement, elle qui manquait tant de patience. Plus les minutes passaient et plus son stresse augmentait. Qu'allait il bien pouvoir lui demander ?

18h02 : " Je te fais grâce d'une minute, tu as donc 5 minutes pour trouver un endroit discret , retirer ta culotte et m'envoyer une photo pour me prouver que c'est fait "
Elle jeta un coup d'oeil autour d'elle, on avait beau être dimanche il y avait quelques personnes qui se baladaient, elle ne perdit pas de temps à réfléchir et s'enfonça dans le premier recoin qui la cacherait des regards indiscrets, fit glisser son jean, son dessous et remit aussitôt le premier.
Elle prit une photo de sa culotte dans sa main et l'envoya aussitôt.
Elle glissa le bout de tissu dans son sac à main en attendant la prochaine énigme.

18h10 : " Bien ! Combien de fois as tu lu " la marre au diable " déjà ? " Elle lui répondit qu'elle l'avait lu deux fois
18h12: " D'accord tu multiplies ta lecture par 7, tu ajoutes une lecture puis la divises par 3 et tu seras presque arrivé  "

Elle s'étonna de la facilité de l'énigme et se rendit au résultat de la devinette.
Avant d'arriver elle reçu un autre sms " Quand tu y seras, pousse la porte, après avoir tapé le code 12503,  monte les 6 étages à quatre pattes, sans faire de bruit, si je t'entends arriver, tu repars chez toi ", quelques secondes plus tard " Quand tu ouvriras la porte d'entrée de la cage d'escalier sur ta droite il y a un carton avec une surprise dedans , tu sauras quoi faire " .


En effet l'énigme était facile, la consigne beaucoup moins. Elle se demanda pendant les derniers mètres à quelle sauce elle allait être mangée.
Arrivée au 5 rue Georges Sand, elle tomba nez à nez avec une lourde porte, elle eut peur que celle ci ne grince, ce qui aurait pu trahir sa présence. Elle la poussa délicatement en serrant les dents, déchaussa ses talons pour éviter une sonorité trop importante et regarda à sa droite le petit carton qui l'attendait.
A l'intérieur se trouvait un bandeau, des boules quiés et un petit message comportant une énième consigne.

" Je te félicite tu es donc arrivée à bon port. Lorsque tu seras sur mon pallier, en respectant les consignes , frappe trois fois sur la porte de gauche, mets toi à genoux et attends . La dernière énigme je te la donnerai de vive voix. N'oublie pas d'enlever les boules quiès , ça peut aider "

Elle mit le bandeau et les boules quiès, enfila sa tête dans les lanières de son sac à main et commença a monter les marches d'escaliers dans la position demandée. Elle ne pouvait s'empêcher d'appréhender la sortie d'un habitant, mais elle ne pouvait l'anticiper sa vision et son ouïe dérobées.
Elle se sentait ridicule dans cette démarche, à tapoter de la main le sol pur savoir où se trouvait les marches qui la séparaient de l'étage supérieur.
Elle eut parfois l'impression qu'on la regardait, mais elle tentait d'évacuer cette pensée pour finir sa manœuvre.
Elle devait se concentrer pour ne pas faire de bruit, trouver comment positionner ses jambes, ses mains, tout en comptant les étages, la perte de repères rendait les choses presque primitives.

Lorsqu'elle aborda le dernier étage, elle redoubla d'effort pour être discrète, avançant à pas de velours, elle avait à cœur de réussir ce défi.
Elle n'avait plus idée du temps.

La dernière marche atteinte, elle respira un bon coup avant de retirer l'entrave auditive, se dressa sur ses genoux, et comme demandé dans le message elle frappa trois fois sur la porte, qu'elle devina être en bois.
Elle entendit un mouvement, et son pouls s’accéléra plus les pas se rapprochaient.

La porte s'ouvrit, elle devina une grande ombre se dessiner au dessus d'elle malgré le bandeau.

" Plus qu'une énigme petite luciole et tu es à moi, tu es prête ? "
Elle hocha nerveusement la tête.

" Bien ! Référence historique. Si tu étais une révolutionnaire je voudrais que tu me rendes les armes . Prends ton temps tu n'as qu'un essai et pas de joker"
Elle avait le cerveau embué et du mal à rassembler ses idées. Elle avait peur de dire n'importe quoi et d'avoir fait tout ça pour rien. Alors elle se concentra. Elle se dit que la révolution c'était y a longtemps. " Rendre les armes " que pouvait elle bien avoir qu'il voudrait qu'elle lui donne.
Elle fut sur le point d'abandonner quand elle pensa à ce qu'il lui avait fait faire plus tôt. Sa culotte. Mais oui c'était ça. Les sans-culotte.
Elle fouilla dans son sac pour retrouver son bout de dentelle et lui tendit.
Elle reçu une caresse sur la tête.

" C'est bien. Donne moi ta main, je vais te guider "

Il la fit pénétrer chez lui, et lui : " Il te reste une dernière consigne. Retire ton pantalon"
Elle s'exécuta maladroitement.
" Bien. Je t'avais demandé d'emmener avec toi une nuisette courte tu te rappelles ? - Oui, elle est dans mon sac. Lui dit elle d'une toute petite voix
- Parfait, je vais te mener à la salle de bain, tu vas te doucher et te mettre en tenue. Tu peux retirer le bandeau pour te laver, mais dès que tu as finit tu le remets et tu frappes à la porte. Je viendrais te chercher "
La porte de la salle de bain  se referma derrière elle. Elle enleva le bandeau, la lumière lui fit mal aux yeux. Elle regarda autours d'elle, l'endroit était étroit et ne disposait que d'un lavabo et d'une douche. Une serviette était posée sur le rebord celui ci, avec un mot. Elle se dit qu'il avait vraiment penser à tout dans les moindres détails.

Le mot lui indiquait seulement que la serviette, que le gel douche au monoï et l'huile pour le corps à la fleur de tiaré étaient pour elle.
Elle se doucha en savourant ce moment de bonheur olfactif, puis se sécha et s'hydrata le corps avec l'huile.
Elle prit dans son sac son mascara et rouge à lèvres pour se refaire une mise en beauté. Enfila sa nuisette noire, remit le bandeau et toqua à la porte comme il le lui avait indiqué.

Il revint la chercher et la mena à ce qu'elle pensa être le salon. Il la félicita d'avoir réussi toutes les étapes.

" Ce soir nous allons jouer comme nous l'avions convenu, nous nous donnerons des gages plus ou moins soft. Mais avant je vais remettre ta culotte. Sais - tu pourquoi ? - Non mais vous allez me le dire, dit elle un peu provocante
- Parce que je vais tout faire pour que tu me supplies de la retirer, et quand ce sera la cas ma petite luciole, ce sera ton accord pour que je fasse tout ce que je veux de toi,ce sera ton accord pour que j'explore chacun de tes orifices à ma convenance. Alors résiste moi autant que tu le peux, mais tu me supplieras. " 

6 commentaires:

  1. EllaJenesaisquoi9 août 2014 à 02:13

    mais elle est où la "petite Farore" ?!? elle a grandit on dirait et ses fantasmes aussi ... c'est chaud hein ? c'est chaud mais c'est bon ;)

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    1. C'est vrai ça, où qu'elle est passée ?
      Mais je l'aime bien la nouvelle version ... ;)
      Et oui c'est " chaud "
      Bises Ella.

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  2. Toujours aussi bien écrit.
    Un jeu de piste et d'énigme, c'est tentant, c'est prenant, c'est frissonnant, c'est excitant....

    PS : Maintenant je sais pourquoi hier tu demandais l'orthographe de "Boules Quies"

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    1. Merci Mike. J'aime toujours autant vos commentaire, revenez quand vous voulez rires.

      Ps: Il n'empêche que hier tout le monde m'a donné raison sur l'orthographe, vous étiez où ? Maintenant j'ai la flemme de corriger

      Bises.

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  3. Quel véritable plaisir de vous lire Farore. Ce récit est magnifiquement écrit, le mot fin...arrive bien trop vite et forcément déception. J' ai hâte également de lire la seconde partie de Thalia. Merci pour ces beaux textes.

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    1. Merci Annonciate pour votre commentaire, c'est gentil.
      Pour la déception vous m'en voyez navrée, quoi que j'aime bien frustrer un peu. Plus sérieusement ça permet au lecteur d'imaginer la suite qu'il veut ( comment ça je me cherche des excuses ? ... Rires )

      Pour thélia, je réfléchis à la suite que je veux donner à cette histoire.

      Au plaisir.

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