samedi 25 mars 2017

Parce que c'est la honte...







La soirée se déroule à merveille, je suis comme un poisson dans l’eau, entourée de personnes toutes plus âgées que moi. Bien qu’intimidée au début, j’arrive à suivre les discussions.
Je l’avais appréhendé cette soirée, allais-je sentir un si grand décalage dans les conversations ? Il n’en est rien. Je suis paisible et soulagée. On parle de nos pratiques, sans trop de détails finalement, 
J’apprécie la pudeur de certains et l’humour perché d’autres. Je suis bien.

Tu regardes ta montre, puis dit à haut voix, attirant toutes les attentions :

 ‘’ Il est minuit ma puce, il est temps pour toi d’aller au lit ‘’


La honte !


J’éclate nerveusement de rires, ne croyant pas une minute au sérieux de tes mots.
Je te toise, un peu humiliée par ta réflexion me rappelant d’un coup que je suis la plus jeune. Le silence pensant de l’assemblée qui oscille entre l’envie de rejoindre mes rires et l’embarassement de ne pas savoir si vraiment tu fais preuve d’ironie. Ils ont compris bien avant moi que cela n’avait rien d’une plaisanterie.
Je t’entends reprendre :

 ‘’ Je suis très sérieux, tu vas te mettre en pyjama, te brosser les dents et revenir nous souhaiter une bonne nuit. Ne fais pas la moue je viendrai te border ‘’

C’est là que je comprends, les yeux rivés sur moi, que je suis prise au piège. Coincée entre mon orgueil et le désir de m’exécuter sans broncher.
Cependant je reste figée, je me sens incapable d’obéir alors qu’il y a encore quelques minutes j'appartenais aux débats.
Sentant la resistance s’emparer de moi, tu prends mon visage entre tes mains, m’embrasse le front et d’une voix douce tu m’encourages à y aller.

‘’ NON ! ‘’

C’est droit dans les yeux que je lâche ce refus.
Tu ne sembles pas surpris, et je t’en veux déjà d’avoir prémédité ma réaction.
Le rapport de force silencieux s’installe, je te connais patient, tu me sais têtue.


La honte !


Je n’ose regarder autour de moi, j’imagine tes hôtes gênés, ou peut être amusés, je ne sais pas trop dans le fond, je ne veux pas voir, j’ai trop honte de la situation. Je ne peux accéder à ta demande sans rapport de force, ma fierté s’y refuse, elle ne soumettra pas aux yeux d’inconnus sans combattre.

Je me perds doucement dans le fil de mes pensées, à cet instant suspendu, je me dissocie de la réalité pour ne pas l’affronter.
Tu me rappelles à l’ordre, je refuse encore. Tu comptes

 ‘’ UN , L., ne fais pas l’enfant ‘’ 

Quelle ironie, la colère montre en moi, mais je ne dis toujours rien.

‘’ DEUX, ne m’oblige pas à me fâcher ‘’ 

Mes yeux se noircissent et je te fustige du regard, je n’ai même pas le temps de te dire ce que j’ai sur le coeur que je t’entends dire :

‘’ TROIS, tu l’auras voulu ‘’


La honte !


Tu prends mon poignet, je resiste mais tu m’entraines à travers le salon pour m’emmener dans la chambre. Tu laisses la porte ouverte, surement exprès.
Tu me jettes sur tes genoux après t’être assis sur le rebord du lit. Je me débats, cherche à me dérober de ton emprise, mais tu coinces mes jambes avec la tienne et tu commences à me fesser.

‘’ Fais pas ça s’il te plait
- Tu me laisses le choix là ? ‘’

Tu ne me fais aucun cadeau, tu frappes fort, sans progression. Je rage intérieurement, je t’en veux, je te déteste même à cet instant. Mais tu poursuis sans relâche. Je crie, je supplie, je t’implore, mais je le sais ça ne sert à rien tu veux me faire craquer.
Alors je serre les dents, et puis quoi encore je ne vais pas te donner raison si facilement, tu veux taper et bien vas y tu n’y arriveras pas, tentais je de me convaincre.
Tu soulèves ma jupe, puis baisse ma culotte d’un geste, et tu continues, fort. Tu ne parles pas, tu exploses ta colère sur mes fesses, je t’ai défié et publiquement, je le sais tu ne me laisseras pas passer ça.

Je peine à respirer, j’ai chaud, je ne peux bouger, j’ai mal… Tu ne t’arrêtes pas, et vu la force de tes frappes tu dois avoir mal à la main, mais ça ne te fais pas faiblir.
Je recommence à te demander d’arrêter, mais tu refuses, c’est toi qui décide.
Mon égo s’écrase un peu plus à chacune de tes claques, j’ai perdu je commence à me rendre.
Je marmonne un ‘’ d’accord j’ai compris ‘’ tu me rétorques un ‘’ Je ne suis pas sur encore ‘’
Je promets, je jure, mais tu n’es toujours pas satisfait.

Je pleure… Doucement, je les étouffe dans le matela. Tu n’arrêtes pas, alors je ne trouve plus la force de les contenir et je lâche complètement.

Tu fesses encore, je ne resistes plus , j’attends que ça passe en sanglots.
Tu arrêtes et me libères, mes jambes tombent au sol et je mets mon visage contre tes genoux. Tu es essouflé.
 Tu me caresses les cheveux, je fonds intérieurement.

‘’ C’est fini. Chut, calme toi, c’est fini ‘’ me dis tu

je reprends doucement mes esprits, réalisant avec effroie que nous ne sommes pas seuls, j’avais oublié, personne n’a du perdre une miette de ce qu’il vient de se passer.


La honte !


‘’ Tu vas m’écouter maintenant ? ‘’

Je secoue frénétiquement la tête de haut en bas.

‘’ Bien, tu vas te mettre en pyjama maintenant, te brosser les dents. Puis tu viendras dire bonne nuit à tout le monde et tu demanderas pardon pour cette scène grotesque que tu viens de nous jouer 
‘- Non pas ça , je t’en prie 
- Si et ne t’avise même pas discuter ou je pousse le vice jusqu'à exhiber tes fesses endolories à la vue de tous. Nous sommes d’accord ? ‘’

Je pleure de nouveau.

‘’ L. ? 
- Oui d’accord ‘’

Tu poses un baiser sur mon front et sors rejoindre tes amis.

Je vais à la salle de bain, je prends mon temps, comme pour en gagner un peu naïvement. Et puis, lorsque je me trouve en pyjama, démaquillée, les dents propres, coiffée … je dois bien me résoudre à affronter mon engagement.
Je suis nerveuse et pas à l’aise, mais j’avance pas à pas vers le salon. J’ai le coeur qui fait des bonds et les yeux qui ne quittent plus le sol.
J’entremèle mes doigts, je joue avec, je ne veux pas les regarder.

Je suis dans le salon, je me sens comme nu devant une foule d’inconnus, les regards sont braqués sur moi, j’ai beau ne pas les voir, je les sens, et je suis honteuse et toute petite.

Je prends une grande inspiration, puis une deuxième, je déglutie fortement, personne ne dit rien, ils attendent tous que j’obéisse.
Je toussote, une troisième inspiration et c’est la bonne, je me lance :

‘’ Je vous souhaite une bonne nuit et … 

( aller encore une inspiration pour la route ) 

je vous demande pardon pour mon comportement ‘

La dernière syllabe se confronte avec les pleurs qui reviennent.


La honte !


‘’ C’est mieux L., tu es pardonnée, tu peux aller te coucher paisiblement, je vais venir t’embrasser. File ! ‘’

Et c’est sans me faire prier que cette fois je m’exécute.

Je ne sais plus quand exactement tu es venue me rejoindre, je devais être à moitié endormie, épuisée par tout ce remue ménage. Je t’ai juste entendu me dire :

 ‘’ Je suis fière de toi, c’était une grosse épreuve, dors bien ma puce ‘’

La honte s’efface pour laisser place au sommeil le sourire aux lèvres.  


3 commentaires:

  1. Eh bien voilà un excellent moyen de trouver le sommeil! On oublie le temesta et le valium! Une bonne fessée et au lit, et ça devrait être remboursé par la sécu, à mon avis...

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  2. Je sais que je vous l'ai déjà dit mais, vraiment, J'ADORE ce récit. :)

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