dimanche 17 décembre 2017

L'histoire d'un pseudo...


Eilinel… Parce que c’est bien plus qu’un pseudo
Après presque trois ans, je vous livre l’histoire de ce nom.
Tout part d’un garçon… Bravo la féministe !
J’ai fait sa connaissance sur un site de rencontres tout ce qu’il y a de plus vanille et sinistre. Je m’y étais inscrite sans trop savoir ce que j’y cherchais ; passer le temps, certainement… C’est lui qui est venu me parler. Des échanges tout à fait banals qui, à la longue, m’ennuyaient. Et puis il y a eu un tournant : il aimait les jeux de dominations, et tout à coup j’étais toute ouïe.
On s’est rencontrés un matin, autour d’un verre, dans un café ringard. On a parlé de tout et de rien, on se plaisait. Puis (ne me demandez pas comment on en est arrivés là, je ne m’en souviens plus), je lui ai donné un « casse tête » à résoudre, toute fière de lui dire que je l’avais résolu très rapidement. Il galérait clairement, alors m’est venue l’idée de lui dire que nous nous reverrions uniquement lorsqu’il y serait parvenu. Il a été surpris par mon culot mais, aimant les défis, accepta. C’est triomphante que je l’ai laissé.
Plus tard dans l’après midi, je reçois un message avec pour photo le « casse tête » résolu, avec un commentaire indiquant qu’il y avait passé un temps fou. J’en ai été flattée.
Cela a marqué le début de nos jeux.
Après quelques difficultés à faire coïncider nos emplois du temps, il est venu me chercher à la sortie de l’endroit où je faisais quelques heures de bénévolat, toujours dans le souci de m’occuper. Il m’a emmené dans un autre café, encore plus sordide que le premier, et on a commencé gentiment à se titiller un peu. Ce très beau jeune homme, avec des yeux bleus magnifiques, avait aussi un sourire à faire fondre du béton.
C’est ce jour là que j’ai compris, au détour de la discussion, qu’il était en couple : il a en effet détourné honteusement le regard quand je lui ai dit que sur le site il n’y avait que des mecs mariés (grillé !). Je m’en suis amusée intérieurement. À dire vrai je n’en avais que faire ; ce n’était pas mon problème après tout.
À la fin de cette entrevue, il a voulu me raccompagner chez moi. J’ai rétorqué que j’étais une grande fille et j’ai tourné les talons, sans même un regard de plus pour lui. Il m’a confié qu’il était tombé sous le charme de mon tempérament et de mon insolence (il allait être servi).
Nous avons poursuivi nos échanges avant de décider de nous revoir. Mais cette fois, Monsieur voulait goûter à mes lèvres. Très bien, mais je lui ai dit qu’il y aurait quelques conditions, laissant planer le mystère.
Afin de le retrouver il me fit faire un petit jeu de piste sous formes d’énigmes. À son terme, je me retrouvai dans un parking sous terrain ; décidément le jeune homme aimait les lieux glauques. Il m’attendait dans sa voiture où je l’ai rejoint pour lui tendre un petit billet où il y avait mes fameuses conditions.
Il s’en est saisi, amusé, et a lu son contenu. Je lui faisais savoir qu’il pouvait m’embrasser, mais sans les mains, uniquement avec sa bouche, de mes doigts à mes lèvres.
Il a replié le mot en me disant : « Ah, Mademoiselle est joueuse. Très bien. »
Il a alors commencé à baiser ma main, mon poignet… Doucement, tendrement… Il a fait glisser ses lèvres le long de mon bras, avant de se retrouver dans le berceau de ma nuque. Il s’est fait saisir par les effluves de mon parfum, tout en laissant échapper son souffle, ce qui me procura des frissons dans tout le corps avant que ma respiration ne s’emballe à son tour. Il a terminé son voyage sur la commissure de mes lèvres, avant de m’embrasser. Nous nous sommes regardés, laissant le temps en suspend. Nous nous sommes souri.
Et puis je lui ai dit qu’il était temps que je rentre. Offusqué et hébété, il m’a demandé si j’étais sérieuse. J’ai ouvert la porte de la voiture pour descendre. Il a juste eu le temps de m’asséner une claque sur les fesses et je l’ai laissé en plan, comme ça. La claque sur les fesses n’était pas comprise dans mes conditions mais je lui ai accordé cette petite sortie de route. Je suis rentrée chez moi, frustrée certes, mais tellement fière de mon œuvre.
Des petits jeux comme ceux là, il y en a eu beaucoup avant même de confondre nos corps dans un quelque chose de plus charnel. On mettait un point d’honneur à faire grimper la température au fil de nos entrevues. C’était… intense.
Ce n’était pas toujours simple de trouver le temps de se voir, pris que nous étions tous deux par nos responsabilités, mais on y parvenait tout de même. On a même réussi à se voir deux fois une même journée. Quasiment toujours dans des endroits différents, de moins en moins lugubres. Je déteste la ville où je vis, mais elle contient cependant tout un tas d’endroits qui me renvoient à nos rencontres, et ceux là me donnent toujours un smile d’enfer, avec une petite pointe de nostalgie.
On s’est rencontré dans le chaos de mon divorce et lui dans le flottement de l’ennui de sa petite vie bien rangée. On avait chacun des raisons de magnifier cette relation et de la maintenir fraiche et légère. Il n’y avait, de toute façon, rien d’autre à envisager entre nous, et c’est très probablement ce qui l’a rendue aussi magique. Rien que du plaisir.
Nous avons joué ainsi des semaines durant, puis des mois. Nos moments se sont teintés d’une harmonie sexuelle complètement dingue, tout en sauvegardant ces petits plus ludiques.
Il y a eu cette fois où je lui ai demandé de deviner si je porterais une jupe ou une robe, lui annonçant que, s’il se trompait, il aurait un gage. Il fallait voir sa tête quand il m’a vu débarquer en jean. Il n’était pas très content d’ailleurs et m’a promis une fessée (chouette alors !).
Nous sommes arrivés dans mon endroit préféré autour de Brest, un vieux fort avec vue sur la mer, un délice pour les amoureux de la nature et des univers un peu sauvages. J’y avais déjà reçu quelques fessées, mais ça c’est une autre histoire.
Il m’a retourné contre la pierre froide du fort, après avoir vérifié qu’aucun promeneur ne viendrait briser notre complicité. Il a commencé à me fesser, grommelant que je n’étais qu’une vilaine tricheuse. Heureusement il ne me voyait pas me marrer. Il a commencé à baisser mon pantalon tout en me grondant.
Et…
« Bah alors, tu parles plus ? » lui ai-je demandé.
Il fut quelque peu décontenancé en découvrant ce qui se cachait sous ce vilain jean. Quand le méchant le loup se transforme en petit garçon en lorgnant sur un porte jarretelle et des bas couture…
« Vilaine tentatrice » m’a-t-il susurré à l’oreille.
C’est ainsi que je me suis vue décerner un sacré bel Oscar ce jour là. Je crois que j’en rougirai encore longtemps.
On s’est vus, revus, encore et encore. J’ai eu la chance de lui faire une ode orale sous la grêle. Nous nous sommes faits surprendre par une cavalière certainement plus gênée que nous, par un chien curieux derrière un arbre dans un parc…
Mais il y a eu cette fois où on s’est fait reluquer par un monsieur sur son voilier, pendant qu’il m’embrasait l’intérieur de ma tranchée secrète, là où on trouve les bunkers face à la mer. L’homme s’est écrié : « Faites l’amour, pas la guerre ! » On était clairement frivole, intrépide, on se fichait totalement du monde autour de nous, et on en riait.
C’était une passion dévorante sans aucune fausse note, sans heurt. Une histoire où je ne me suis jamais aussi sentie belle et désirable, soumise et dominante, légère et dépravée… Libre, en fait.
Alors oui, arrive ce jour où la passion s’essouffle, où il devient difficile de se renouveler sans cesse, de surprendre l’autre. Nous avons su nous arrêter à temps, avant qu’on en vienne à s’en vouloir, à se faire du mal, en emportant avec nous dans la boîte de nos souvenirs chacun de ces instants de malice, de fougue et de tendresse.
L’unique regret est de n’avoir jamais réussi à faire l’amour dans un lit (si, ça c’est pas cool en vrai).
Alors Eilinel c’est lui qui l’a choisi. Cela veut dire étoile-reine. Lui, lui était mon maestro, mon éphémère.
Mais Eilinel c’est bien plus qu’un nom donné par quelqu’un qui, certes, a marqué pour toujours mes souvenirs : c’est aussi la marque d’une féminité retrouvée, d’une liberté acquise et celle d’une véritable renaissance.
Eilinel c’est juste la gravure de celle que j’ai décidé d’être et de prendre en main.




9 commentaires:

  1. Superbe récit Eili, j'adore ta façon de présenter les choses et la richesse de tes mots, c'est un plaisir de te lire ��

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    1. Ton commentaire à toi est passé sans soucis. La star !
      Merci ma belle <3

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  2. Magnifique! Aussi bien le récit en lui-même que la relation qu'il décrit. Quel bonheur de pouvoir vivre des "choses" de cette façon-là!

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  3. Quand tu procrastrines pas, tu es douée ! Cette histoire m'a touchée, je te l'ai déjà dit. Ce que j'aime quand je lis un texte c'est pouvoir facilement traduire les mots en images avec tes textes ça vient facilement. Je l'ai aimé à la première lecture ainsi qu'à la deuxième😉

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    1. Je ne ferai pas de commentaire ici sur ton immense mauvaise fois !
      Merci <3 . Si tu arrives à projeter tes propres images de mes mots alors c'est que le pari est réussi.
      Bon et on blog tu vas en ouvrir un nouveau ou il faut que je me fâche. Bien que j'adore recevoir des petites exclues en privé.
      Mon coeur balance...

      Le mieux c'est que tu refasses un blog, tout en m'envoyant tes textes avant leur publication.

      Ca marche ?

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  4. Euh, on en reparle, d'accord.

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  5. C'est magnifique, très bien écrit, bravo !

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